Nourriture open source

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On le constate de plus en plus, la philosophie du libre déborde de l’unique secteur informatique pour inspirer la société toute entière. Les Creative Commons libèrent nos créations artistiques du carcan rigide du Copyright et l’Open Hardware nous redonne un rôle d’acteur dans la fabrication ou la réparation d’objets matériels que nous utilisons tous les jours. Ce principe fondamental de réappropriation par l’individu s’applique également à la nourriture, comme le présente l’article ci-dessous, publié sur le site opensource.com et librement traduit de l’anglais par mes soins.


On ne peut pas contourner ce sujet tellement il est important. La nourriture est essentielle à la vie. De plus, garantir l’accès ouvert aux ressources, à la connaissance et à la terre dont nous avons besoin pour nous nourrir, est politique.

Un mouvement de praticiens est en train d’émerger et applique la philosophie open source aux systèmes alimentaires. Notre objectif dans cet article est de reconnaître la puissance de ce mouvement naissant et de mettre en évidence certaines des personnes et des organisations qui utilisent l’open source pour la nourriture.

Pour les systèmes alimentaires, « open source » signifie « idées ouvertes », connaissances, plans, documents, outils, données, et ainsi de suite, tous ouverts pour l’utilisation et l’amélioration par d’autres. Au lieu de privatiser et de breveter la propriété intellectuelle, nous partageons nos conceptions pour favoriser les innovations de tout un chacun.

Lorsque le code source est « ouvert », n’importe qui peut recommencer là où quelqu’un d’autre s’était arrêté. N’importe quel élément de connaissance documenté peut être réutilisé et adapté à des situations spécifiques ou à des besoins locaux. Il peut ainsi être globalement partagé et mis en œuvre rapidement et facilement par des individus au niveau local et par des organisations travaillant avec leurs communautés.

A la fin des années 1990, la communauté des logiciels a popularisé le terme « open source », signifiant « code source ouvert », librement utilisable par tous. L’idée était puissante et a donné naissance à un écosystème dynamique de logiciels libres. Nous utilisons tous les jours des logiciels libres : les serveurs Apache font fonctionner internet (NdT. …hébergent la plupart des sites internet); Wikipedia a révolutionné notre façon de chercher et de partager l’information.

Cependant, l’open source est une expression contemporaine d’une ancienne idée humaine. Nous avons en effet des institutions culturelles, des règles et normes centrées autour de l’échange de matériel génétique. Les foires agricoles étaient destinées à l’origine à l’échange de code génétique et à la sélection des races. Quelle honte que ces normes évoluent vers la propriété intellectuelle, les brevets et le contrôle par des entreprises privées. Le soutient à l’ouverture et au partage démontre que nous sommes plus forts ensemble.

Dans les fermes et activités de production alimentaire sur la planète, des gens inventent des solutions créatives tous les jours. Lorsqu’on reconstruit une économie basée sur de petites fermes en réintégrant l’agriculture comme partie centrale de nos vies, les outils que nous cherchons sont souvent indisponibles. Lors du siècle passé, les designer industriels se sont concentrés sur la croissance pure. Les politiciens et l’industrie agricole ont embrassé la philosophie « grandis ou disparais ». Cependant, les outils que nous recherchons sont adaptés à nos besoins en tant que producteurs régionaux supposés alimenter les communautés locales.

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L’article se termine par de nombreux liens sur des projets novateurs inspirés par cette philosophie de partage et pour une réappropriation de la production de notre nourriture. Voici une brève description de quelques-uns de ces projets :

  • Open Source Ecology (voir cette présentation vidéo en anglais, mais sous-titrée en français). Toute la documentation pour pouvoir créer une ferme agricole soit-même.
  • Farm Hack. Une communauté libre promouvant une agriculture « résiliente ». Là encore, des outils agricoles simples et réparables adaptés à de petites structures sont proposés selon le principe de l’open hardware.
  • Open Source Beehives. Propose non seulement les plans pour la construction d’une ruche libre, mais également un système de senseurs pour analyser sur une large échelle l’évolution des populations d’abeilles.
  • GreenWave. (voir cette présentation vidéo, uniquement en anglais). Présente une solution enthousiasmante pour lutter contre le pillage des océans. Le principe est de créer des fermes sous-marine de taille réduite, exploitant plusieurs ressources y compris les algues. Le modèle de cette ferme est également fourni en open source.
  • Open Source Seed Initiative. Cette organisation est dédiée à favoriser l’accès aux semences de manière décentralisée et libre.
  • Growstuff. Communauté de jardiniers alimentaires. Cette plate-forme est destinée à aider les jardiniers en herbe aux bonnes pratiques agricoles. Elle permet également de s’échanger des semences.
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Note: cet article étant issus d’une plate-forme anglo-saxonne, il semble normal que ces initiatives soient elles aussi uniquement en anglais. Il serait intéressant dans un prochain article d’analyser la situation francophone dans ce domaine.

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